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Nous recherchons les témoignages d'étudiants de la langue française pour enrichir le débat. Inspirez-vous des questions ci-dessus et parlez de votre expérience. Racontez-nous comment vous parvenez à jongler entre votre langue maternelle et le français. 

« Apprendre une autre langue est un peu comme devenir quelqu'un d'autre » Haruki Murakami

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Réponses à cette discussion

Écrire Entre Plusieurs Langues

 

Né à Taïwan, je maîtrise trois langues différentes dont le chinois, anglais et français. Parmi les langues parlées, le chinois est ma langue maternelle. Par ailleurs, depuis dix ans, j’ai commencé à prendre des cours d’anglais en tant que première langue étrangère. Or, mon premier cours de français est arrivé beaucoup plus tard : il y a sept ans, j’ai choisi d’étudier LEA en français à l’université.

 

Grammaticalement, le chinois est une langue moins précise que le français. Dans la langue chinoise, on n’utilise pas de conjugaison pour exprimer le temps, le qualitatif et le quantitatif. Autrement dit, parler chinois, c’est comme si on parlait français avec des verbes à l’infinitif, des noms et adjectifs qui restent singuliers et masculins tout le temps. Ce sont donc les erreurs que j’ai souvent commises avec l’écriture française.

 

Outre les grammaires, le choix du vocabulaire est toujours un problème dans mes textes français. Par exemple, en français, il y a de nuances entre les verbes « persuader » et « convaincre » alors qu’en chinois, ces différences peuvent être ignorées. En raison de l’usage dissimilaire de ces deux langages, ce que je pense en chinois n’est pas toujours autant explicite qu’en français. Il faut que j’écrive plus en français pour expliquer les mêmes idées en chinois.

 

Pourtant, à l’inverse des influences sur mes productions françaises par la langue chinoise, le français envahit souvent mes écritures anglaises. Après les études de français, je prends plus de temps à réfléchir sur l’orthographe anglaise et les faux amis. Je me demande souvent si c’est un « c » ou « s » pour écrire la « danse », si c’est un « p » ou deux pour le développement en anglais… etc.

 

En somme, ma langue maternelle, le chinois, intervient fréquemment dans mes compositions françaises. Afin de perfectionner mes compétences françaises, il me reste un long chemin à parcourir.

Merci pour ta participation Chihung et bonne continuation dans ton parcours plurilingue ;)

Ecrire entre plusieurs langues

Ecrire en langue acquise est toujours comme un enjeu. Notamment pour nous, les étudiants étrangers qui sont en train d’apprendre la langue française. Personnellement, le production écrite est ma partie la plus faible.

 

Au début, quand j’écrivais un texte, la première stratégie que j’appliquais   était de traduire du chinois au français. De plus en plus, j’ai réalisé que c’était un grand défaut. Puisque souvent, les profs française ne comprenaient pas ce que je voulais dire. En effet, je ne rédigeais pas une phrase correcte et ‘française’ grammaticalement et sémantiquement parlant. De plus, de par une « américanisation » lexicale de la langue française, il faut arriver à distinguer les mots français qui ont des significations différentes que l’anglais, notamment orthographique. Ainsi le mot ‘exemple’ en français, mais ‘example’ en anglais; et aussi, les français utilisent le mot ‘mondialisation’ pour expliquer la ‘globalisation’. Les Français sont sensibles à tout cela.

 

Par ailleurs, ce n’est pas seulement que j’utilisais mal des mots français, mais aussi je « traduisais » mal les deux cultures différentes. Par exemple, j’ai lu un adage chinois qui est traduit en français: L’hirondelle et le passereau sauraient-ils connaître les aspirations de l’oie et du cygne? Cette phrase qui sert à exprimer les ambitions différentes entre les gens dans la culture chinoise, est grammaticalement correcte, en revanche, je ne suis pas sûre que tous les français le comprennent bien. Tout cela pour expliquer les grandes disparités entre les cultures. Et c’est pourquoi je crois que tous les auteurs francophones connaissent logiquement et naturellement bien la culture française d’ailleurs. Sinon, il n’y aurait aucune phrase jolie dans leurs oeuvres.

 

À moins de penser que la langue acquise est un atout pour tous les écrivains francophones. Comme Eva Almassy a souligné que: “ Ma langue parlée reste le hongrois et ma langue écrite est le français... J’ai une relation à cette langue comme un sculpteur peut avoir une relation à sa matière.” Le français est une richesse d’enrichir notre connaissance. D’après moi, la langue française est un outil pour ouvrir nos yeux.

 

Par conséquent, quand les auteurs écrivent en langue acquise, elle leur permet d’ apprendre des manières variées pour écrire des textes, de s’enrichir par les cultures différentes. De sorte que, les auteurs puissent exprimer leur culture maternelle au monde entier en parlant la langue maitrisée.

Bravo à toi aussi pour ton témoignage Xinyi ! Voici ce que je vous recommande pour approfondir le thème; l'exemple d'un compatriote : La francophonie interculturelle de François Cheng

 Je suis d’origine coréenne et il y a un an que je suis arrivée en France. Comme la langue française est absolument différente de la langue asiatique, je ne comprends pas parfois le sens de la phrase. Plus précisément, j’ai des difficultés avec la structure de la phrase en français.

 Tout d’abord, il faut un sujet, un verbe et des compléments pour une phrase en français ainsi qu’en coréen. Pourtant, nous, les coréens, mettons d’abord le sujet puis le complément en revanche, les Français mettent le verbe après le sujet. C’est la première difficulté que j’ai rencontrée lorsque j’étais débutante.

 A cause de cette différence, c’est aussi difficile de parler naturellement le français. Je prends beaucoup de temps pour réfléchir à mes propos, cependant on ne me permet pas de tout dire si je rate le « timing ».  C’est pour cette raison que je mémorise toute la phrase surtout les expressions françaises.

 Au début quand j’habitais en France, je faisais des efforts pour bien transmettre aux Français ce que je voulais dire et il était indispensable de laisser le coréen de côté. Maintenant, je n’arrive pas à expliquer quelque chose parfaitement en coréen. Donc, je lis régulièrement des articles coréens pour maintenir mes connaissances de coréen.

 En conclusion, je considère la langue comme un sport. Il faut répéter des erreurs et pratiquer plusieurs fois l’oral. Je crois pouvoir maîtriser les deux langues dans quelques années.

Joli témoignage Gaeun. J'aime ta comparaison avec le sport !

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